Le gouvernement fédéral cherche de nouvelles pistes pour réaliser des économies. Parmi les mesures étudiées figure une proposition sensible : instaurer une franchise dans les soins de santé.
Selon une analyse de l’INAMI relayée par De Tijd, ce système pourrait permettre d’économiser jusqu’à 4,7 milliards d’euros.
Un montant à payer avant d’être remboursé
Concrètement, une franchise signifierait que les patients devraient d’abord payer eux-mêmes une partie de leurs frais médicaux.
Tant qu’un certain montant annuel ne serait pas dépassé, ils ne recevraient pas de remboursement de leur mutuelle.
Le scénario le plus marquant évoque une franchise de 500 euros par an. Dans ce cas, chaque patient prendrait en charge les 500 premiers euros de soins avant de pouvoir bénéficier d’un remboursement.
Plusieurs scénarios sur la table
D’après les calculs de l’INAMI, une franchise de 500 euros pourrait rapporter 4,7 milliards d’euros.
Avec une franchise de 400 euros, l’économie serait estimée à 3,9 milliards d’euros. Avec une franchise de 300 euros, elle atteindrait environ 3 milliards d’euros.
Si les personnes bénéficiant d’une intervention majorée étaient exclues du système, les économies seraient plus faibles, mais pourraient tout de même atteindre 3,6 milliards d’euros avec une franchise de 500 euros.
Le secteur de la santé dans le viseur
Le gouvernement De Wever veut trouver 10 milliards d’euros d’économies d’ici la fin de la législature, en 2029.
Les administrations ont donc été chargées d’analyser de nombreuses pistes de réduction des dépenses.
Le secteur de la santé est particulièrement concerné, avec un budget annuel d’environ 60 milliards d’euros.
Une mesure politiquement très sensible
Sur le papier, cette franchise semble intéressante pour les finances publiques.
Mais politiquement, sa mise en place s’annonce très compliquée.
La N-VA et le MR souhaitent réaliser des économies dans les soins de santé. À l’inverse, Vooruit, le CD&V et Les Engagés y sont opposés.
Du côté du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, on précise que ces calculs ont été réalisés à la demande d’autres partis, et non à son initiative.
Un débat qui ne fait que commencer
Une économie de 6 milliards d’euros dans les soins de santé paraît difficilement réalisable politiquement.
Mais cette note donne déjà une idée des débats qui attendent le gouvernement dans les prochains mois.
La question sera particulièrement sensible : comment réduire les dépenses publiques sans alourdir trop fortement la facture des patients ?