C’est une mesure qui risque de changer les habitudes des amateurs d’achats en ligne. Depuis ce mercredi, les colis de moins de 150 euros importés depuis un pays situé hors de l’Union européenne sont soumis à une taxe forfaitaire de 3 euros.
L’objectif de l’UE est clair : mieux encadrer l’explosion des petits colis, notamment ceux venus de Chine via des plateformes comme Temu ou Shein.
Des milliards de colis chaque année
L’an dernier, près de 5,9 milliards de colis sont entrés dans l’Union européenne.
Plus de 90 % provenaient de Chine. Ces petits paquets représentent l’immense majorité des envois importés, mais seulement une faible partie de leur valeur totale.
Une partie importante de ces colis transite notamment par l’aéroport de Liège, devenu un point stratégique pour le commerce en ligne.
Pourquoi l’Europe change les règles
Jusqu’ici, les petits colis de moins de 150 euros échappaient aux droits de douane classiques.
Pour l’Union européenne, cette situation pose plusieurs problèmes : certains produits ne respectent pas toujours les normes européennes, notamment en matière de sécurité, de santé ou d’environnement.
La Commission estime aussi que cela crée une concurrence défavorable pour les entreprises européennes, tout en surchargeant les services douaniers.
Qui va payer cette taxe ?
La taxe de 3 euros ne sera pas forcément appliquée de manière simple par colis.
Elle concernera les différentes catégories de produits présentes dans un même envoi. Elle devra être payée par les plateformes, mais celles-ci pourront décider de répercuter ce coût sur les consommateurs.
Concrètement, certains petits achats en ligne pourraient donc devenir un peu plus chers.
Une mesure temporaire
Cette taxe est présentée comme une solution de transition.
À partir de juillet 2028, l’Union européenne prévoit de mettre en place un nouveau système de données douanières. Celui-ci permettra de calculer les droits à payer en fonction de la valeur réelle des produits.
D’ici là, la taxe forfaitaire doit permettre de reprendre le contrôle sur un volume de colis devenu difficile à gérer.
D’autres frais attendus plus tard
Une autre mesure doit également entrer en vigueur autour du 1er novembre.
Il s’agira de frais de traitement destinés à couvrir les coûts liés au contrôle douanier.
L’Union européenne veut ainsi éviter que certaines plateformes ou certains acteurs cherchent à contourner les règles en passant par les pays où les contrôles seraient moins stricts.
Les achats à bas prix dans le viseur
Avec cette nouvelle taxe, l’Europe envoie un signal clair aux grandes plateformes de commerce en ligne.
L’objectif est de mieux protéger les consommateurs, de garantir le respect des normes européennes et de rééquilibrer la concurrence avec les entreprises locales.
Pour les consommateurs, cela pourrait surtout se traduire par une hausse du prix de certains petits colis commandés hors de l’Union européenne.