Le dossier refait surface. Après plus de dix ans de débats, la Wallonie et la Flandre avancent sérieusement vers l’instauration d’une vignette automobile commune, qui pourrait voir le jour dès 2027. Voici ce que l’on sait à ce stade.
Une vignette plutôt qu’une taxe au kilomètre
Les deux Régions privilégient désormais clairement la vignette routière plutôt qu’une taxe au kilomètre, jugée trop complexe et surtout très impopulaire.
Des discussions politiques sont en cours et un accord de principe pourrait être dégagé dans les prochains mois.
Bruxelles, de son côté, ne participe pas encore aux négociations, sans pour autant bloquer le projet.
À quoi ressemblerait la vignette ?
Selon les informations qui circulent, il s’agirait :
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d’une vignette unique pour la Wallonie et la Flandre,
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valable sur les grands axes structurants,
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avec un tarif harmonisé.
L’entrée en vigueur évoquée serait 2027, ce qui laisse encore un peu de temps… mais le calendrier se précise.
Un prix bien plus élevé que prévu ?
C’est le point qui fait déjà réagir :
le montant envisagé serait d’environ 100 euros par an,
et pourrait grimper jusqu’à 125 euros pour les véhicules de plus de 20 ans.
Un tarif nettement plus élevé que le modèle suisse, souvent cité en exemple, où la vignette coûte environ 45 euros.
Un enjeu budgétaire important
Côté finances publiques, la vignette est vue comme une nouvelle source de revenus :
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en Flandre, on évoque environ 130 millions d’euros par an,
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en Wallonie, les estimations parlent désormais de près de 100 millions d’euros.
Ces recettes sont déjà intégrées dans certaines prévisions budgétaires.
Attention au droit européen
Les Régions veulent éviter une hausse globale de la pression fiscale pour les automobilistes belges. L’idée serait donc de compenser la vignette par une adaptation de la taxe de circulation.
Mais attention :
toute compensation réservée aux résidents belges pourrait être jugée discriminatoire par l’Union européenne.
L’exemple allemand est encore dans toutes les têtes : en 2019, un projet similaire a été annulé par la justice européenne.
Les autorités belges devront donc trouver une formule juridiquement solide.
Rien n’est encore acté
Même si un accord politique semble possible entre la Wallonie et la Flandre, beaucoup de questions restent ouvertes :
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le prix définitif,
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les exemptions éventuelles,
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le sort des véhicules électriques,
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l’impact sur le tourisme et les conducteurs étrangers.