Vous avez faim, votre estomac gargouille… et soudain tout vous énerve ? Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul, et surtout, ce n’est pas dans votre tête. La science confirme aujourd’hui le lien très direct entre faim et mauvaise humeur.
Quand l’estomac parle… le cerveau écoute
Pendant longtemps, on pensait que notre irritabilité quand on a faim était uniquement liée à une baisse du taux de sucre dans le sang. En réalité, le mécanisme est plus complexe.
Quand l’organisme manque d’énergie, l’estomac libère une hormone appelée ghréline.
C’est l’hormone de l’appétit : elle signale au cerveau qu’il est temps de manger.
Mais ce n’est pas tout…
La faim active aussi le stress
La ghréline stimule également la production de cortisol, l’hormone du stress.
Résultat :
plus la faim augmente,
plus le cortisol grimpe,
et plus nous devenons nerveux, irritables et moins patients.
C’est cette réaction en chaîne hormonale qui explique pourquoi la moindre contrariété peut sembler énorme quand on n’a pas mangé.
Une question de perception, pas seulement d’énergie
Selon une étude publiée dans la revue eBioMedicine, ce n’est pas uniquement le manque d’énergie qui influence l’humeur, mais surtout la manière dont nous percevons cette sensation de faim.
Autrement dit :
plus on ressent intensément la faim,
plus l’impact émotionnel est fort.
Chaque personne réagit différemment, ce qui explique pourquoi certains deviennent légèrement grognons… et d’autres franchement insupportables.
Peut-on mieux gérer ces sautes d’humeur ?
Bonne nouvelle : oui. Les chercheurs expliquent que le fait d’être attentif aux signaux de son corps aide à mieux réguler ses émotions.
Ce mécanisme porte un nom : l’intéroception.
Être conscient de sa faim, de sa fatigue ou de son stress permet de mieux anticiper et donc de limiter les variations d’humeur.
Et après ?
Les scientifiques estiment que ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, notamment pour certains troubles émotionnels, via :
un entraînement ciblé de l’intéroception,
ou la stimulation du nerf vague, qui relie les organes au cerveau.